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Journal "L'Authentique" du Dimanche 9 Juin 2002

Blida, les « Causeries » consacrent Souidi.

"Mon peuple se déchire et mon âme est torturée car, de ce qu'il advint, je suis en partie responsable." Une des phrases du prologue du roman historique "Amastan Sanhaji", un prince dans le Maghreb de l'an Mil, écrit par l'historien du Maghreb médiéval, le docteur Djamel Souidi, reflète on ne peut mieux la continuité d'une sorte de fatalisme qui frappe ce peuple par ailleurs toujours debout.

Ce jeudi ressemblait quelque peu aux autres, monotonie mise à part bien entendu; un public fidèle était venu au rendez-vous avec l'Histoire, les événements qui ont participé à l'édification du socle sur lequel repose aujourd'hui des millions de ceux qui sont appelés algériens et qui connaissent mal ou très peu ou - plus grave -pas du tout leur propre histoire. Justement, M. Souidi affirmera à la fin de la rencontre que "mon désir le plus cher est que le lecteur, en terminant ce livre, éprouve le besoin d'ouvrir un livre d'Histoire." En écrivant un pan de l'histoire de l'Algérie sous forme romancée, l'auteur a voulu mettre à la disposition du grand public son histoire et non la cantonner uniquement dans les rayons des bibliothèques universitaires et chez les spécialistes.

Le public en eut pour sa gloire, caressé dans le sens du poil lorsqu'il entendit l'auteur, appuyé par l'archéologue, M. Abderrahmane Khelifa, présent également dans la salle, dire : "Le Maghreb a toujours été une terre ouverte, le relief n'étant point une barrière et la région fut le lieu où s'affirmaient, prenaient des forces le Califat de Cordoue à l'ouest et le Califat du Caire à l'est." Il a été appris que les Banou Hillal ne furent pas seulement des collecteurs d'impôts, des guerriers mais aussi d'éternels nomades par rapport aux sédentaires, des convoyeurs d'or de l'est vers - ou jusqu'à -Cordoue. "Nous avons une histoire très riche, nous avons essaimé partout dans la Méditerranée et... malheureusement, nous connaissons très peu notre pays. J'ai essayé de sauter le pas en humanisant quelque peu l'Histoire par le roman." Le souci premier de l'auteur reste que le citoyen algérien déambule à travers le pays dont il possède la nationalité et qu'il le connaisse assez profondément pour le respecter. "Susciter des émotions en lisant le livre !" : ce désir de Djamel Souidi a, semble-t­ il, déjà été exaucé par les fidèles du Cercle des "Causeries blidéennes" où trône toujours l'initiatrice, Chantal Lefèvre, flanquée ce jeudi de ses parents et frère; un job tableau appelé à illustrer l'esprit accueillant de ces jeudis qui recevront pour le prochain rendez-vous Mme Bouzid Sababou Meriem.

par A. Mekfouldji

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© Librairie Mauguin - Février 2004