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Journal "L'Authentique" du Dimanche 16 Juin 2002
Les « Causeries blidéennes » accueillent le Sud.
Un 13 juin très symbolique à la librairie Mauguin de Blida, au sein du cercle - finalement - très ouvert des "Causeries blidéennes" grâce â la rencontre avec Mme Bouzid-Sababou Meriem, auteur du livre "Sebeiba-Tillelin", les célébrations de l'Achoura chez les Touaregs sédentaires de Djanet, publié par l"héroïque" maison d'édition Barzakh ! Symbolique du fait de la présence de l'auteur avec son époux, Sababou Alhousseini, celle du Consul de France à Alger, venu rendre une visite de courtoisie aux autorités civiles de la ville et marquer un passage à la librairie Mauguin gérée par Mme Lefèvre; la présence également des parents de cette dernière et de nombre d'habitués des lieux; comme cela se déroulait à la veille de l'anniversaire de la marche du 14 juin. Similitude, rapprochement de termes et de coutumes remarqué par un des présents qui avait fait le lien avec la région de Azazga.
Finalement, ce vaste pays est riche de ses variétés, de ses multitudes et de ce qui rapproche les peuples : un targui, un kabyle, un arabe se retrouvent dans cette recherche des mythes fondateurs. L'auteur du livre a écrit et pensé en arabe pour des scènes vécues en langue tamahaq, participé à la traduction en français du travail de recherche et débattu parfois en amazighe dans un espace francophone de par son propriétaire et arabe de par ses lieux : voilà une réalité que nul texte ne peut ignorer ou -plus grave- nier !
Mme Bouzid-Sababou travaille sur les mythes féminins fondateurs et a réussi à ramener à la surface tout un répertoire de rythmes et musique touarégues, disséqué pour les concitoyens du Nord et d'ailleurs tout ce qui fait la gestuelle de l'Achoura chez une partie de la population algérienne qui se révèle être une caste digne de temps considérés comme révolus, participant avec d'autres castes à la catégorisation de
citoyens que l' Etat prône comme égaux. Que de vérités tues par consensus ! Les recherches dans ce domaine sont rares et leur médiatisation peuvent provoquer des remous que les autorités préfèrent éviter.
La connaissance profonde des réalités est primordiale pour aller de l'avant et, comme l'a si bien précisé Mme Selma Hellal, éditrice, qui rencontre beaucoup de difficultés du fait de l'absence de toute politique du livre par l' Etat, des balbutiements du mécénat culturel et des stratégies de contournement obligatoires pour des maisons comme Barzakh afin de survivre. Comment expliquer également l'absence des étudiant(e)s de sociologie de l'université de Blida qui se doivent de s'intéresser à un vaste champ de prospection, celui de notre Sahara.
L'auteur a cherché à démystifier la réalité des Touarègues, expliqué l'histoire des coiffures, des vêtements, des bijoux et de la déclamation des poèmes par les femmes. Elle déclarera qu'à sa connaissance, "la Sebeiba est la seule fête de l'Achoura célébrée avec ce rituel en Algérie" et tout de suite contredite par un étudiant qui affirmera, qu'à de légères nuances, ce rituel existe aussi à Azazga. Le débat s'installera et tournera autour du statut des castes, des joutes oratoires, de la présence des juifs au Sud du pays, du brassage des races : deux heures qui ont permis de mesurer l'étendue de l'ignorance de notre propre culture. Le nouveau-né du couple Sababou, Rahma-Line, deux mois ce 16 juin, saura suivre les traces de ses parents pour un autre brassage qui raffermira la force de ce peuple fier.
par A. Mekfouldji
Lien vers le site des Editions Barzakh : http://www.barzakh-dz.com

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