Librairie Mauguin
 

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Marsa Editions - Littérature/Action
Décembre 2003

Sibirkafi . com
Les élucubrations d'un esprit tourmenté - I

par Djamel Mati

Et si toute notre vie n'est qu'un mensonge ? Et si ce qu'on vit en ce moment n'est que le fruit de notre imagination, pis encore une grande conspiration orchestrée par des 'esprits' dominants qui essayent d'étudier, d'influencer, de guider nos comportements, nos envies et aussi nos sentiments ? Ou encore, et si tout simplement même, ces 'dominants' ne sont que des chimères sécrétées par nos subconscients et ne sont rien d'autre que le fruit de notre imaginaire... de notre esprit... malade... toujours inassouvi de rêves inaccessibles et d'espérance, emprisonné dans les excuses de nos convenances. Dans une vie, il y a des vécus tellement anachroniques qu'on finit toujours par se demander s'ils ont réellement existé; et des virtuels qui nous paraissent tellement évidents qu'on finit par croire en leur existence. C'est sur cette mince frontière qui sépare l'irréel du réel, l'absurdité de la cohérence, la dérision de la déférence que se déroule l'histoire "des élucubrations d'un esprit tourmenté". "Sibirkafi.com" est le premier roman de cette trilogie fantasmagorique (1) ou... tout juste, une simple fiction du réel.

"Sibirkafi.com" est l'histoire d'une personne déconcertée (qui pourrait être vous ou... certainement moi) face à certaines tristes et dures réalités d'une vie. Un soir insomniaque, à la recherche d'un sommeil qui tarde toujours à venir, en éteignant la télé avec sa télécommande, cette personne se retrouve, soudainement, projetée au point B114 en plein milieu d'un désert (franchement désert et carrément hostile). C'est le désert des hommes. Le gars atterrit juste devant une cabane délabrée où il est accueilli par une tenancière... Elle le chope par le col de la veste et l'installe brutalement sur une vieille natte, le coiffe jusqu'au nez avec un casque allemand... à coté de lui il y a un narguilé bourré de chanvre indien... Dans cette baraque délabrée, il n'est pas seul, un monde fait d'individus aussi hagards que résignés occupent ce minuscule espace clos échoué paradoxalement au milieu de l'immensité désertique. Au sibirkafi (2) du point B114, l'exiguïté de l'espace vital de chacun est partagée par tous, tout comme sont partagés, la misère, les tourments, les brimades et les bribes... d'espérances.
« Tiens, fume mon grand, tu vas te connecter de suite » lui dit la tenancière en second... et c'est à partir de là que commence la traversée du désert de cette personne (qui pourrait être vous ou... certainement moi). Une pérégrination cauchemardesque au goût parfois burlesque mais... toujours satirique qui le mènera à vivre des réalités vivaces, cruelles, parfois loufoques dans un monde d'apparence virtuelle.

Le point B114, un endroit perdu au milieu d'un désert inhospitalier, c'est là, dans cette cabane pourrie que se déroule l'histoire de cet étrange sibirkafi : un microcosme où chutent des personnages caricaturés, surgissant de nulle part, pour subir les affres d'une communauté débridée et décadente. Les événements se succèdent dans des parodies d'une vie tournée en dérision comme pour mieux les accepter... peut-être... sûrement. Tous les personnages de ces chroniques survivent et se meurent à l'intérieur de cet endroit kaléidoscopique où se miroitent les reflets de quotidiens peu banals, souvent dramatiques auxquels sont confrontés les "loques-à-terre" (3) de cette cyber-cabane. La pilule est dure à avaler dans ce désert aride où il ne tombe jamais d'eau et encore moins d'espoir. Les gérants de cette société de leurres obligent tous leurs captifs à se connecter au monde virtuel, pour subir les déboires du réel, à partir des narguilés bourrés de chanvre indien à l'odeur trop forte pour être vraie. Le locataire du point B114 est, tout de même, animé par un seul et unique souci, sortir de ce cauchemar (il n'est d'ailleurs pas le seul). Guidé par des réminiscences qui se présentent comme des lucioles dans la nuit désertique, il cherche sa sortie... à la frontière de l'irréel.

Les tranches de vie, tissées en filigranes, que subissent les loques-à-terre du sibirkafi sont condensées; comme les rêves (ou les cauchemars), elles ne durent qu'une poignée de secondes, mais leurs significations sont plus longues et souvent multiples au réveil. Faut dire aussi qu'au point B114, le temps s'immobilise par manque d'espoir, par manque de brise et même par l'absence d'illusion... dans un monde de leurre !
Jusqu'au jour où...
En attendant, je vous invite à faire un tour au sibirkafi.com du point B114... seulement, honnêtement, je ne vous garantis pas le retour.

Djamel Mati

(1) "sibirkafi.com", "aigre-doux" et "on dirait le sud"
(2) sibirkafi = cyber-café
(3) loques-à-terre = locataires

Lien vers le site de Djamel Mati, le Chantier : http://membres.lycos.fr/djmati
Lien vers le site des Editions Marsa : http://www.algerie-litterature.com/

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