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Journal L'Authentique du Mercredi 17 Juillet 2002
Adriana Lassel pour clore les "Causeries blidéennes"
Ce Jeudi verra à la Librairie Mauguin, la clôture pour cette année des "Causeries blidéennes" avec une invitée de marque : Adriana Lassel, réfugiée politique en Algérie depuis l'assassinat de Salvador Allende. Elle présentera au public de Blida le livre "Tu n'iras plus à Tiout... et autres récits" et ne manquera sûrement pas de faire le paralléle entre les deux pays en cette période.
A l'actif des animateurs des "Causeries blidéennes", la présence depuis le mois de Février de plus de dix auteurs qui ont apporté un bain de jouvence, une autre ambiance au public blidéen assoiffé de culture.
"L'écriture est une façon de vivre"
Sereine, regard d'ange, force tranquille dans l'ambiance feutrée de la librairie Mauguin, lieu rehaussé également par la présence latino-américaine en la personne de leurs excellences les ambassadrices du Chili et de Cuba aux côtés de la résistante et moudjahida algérienne d'origine italo-française, Annie Steiner née Fiorio, ancienne élève des années quarante du lycée Ibn Rouchd qu'elle avait revu avec une émotion et une ferveur quasi religieuses. Ces moments, que seules "les Causeries blidéennes" ont su offrir, figureront comme témoignage d'une présence littéraire dans une ville réputée commerciale et conservatrice.
Adriana Lassel, dont le mari et compagnon est décédé l'an dernier, s'est affirmée algérienne, voulant apporter une meilleure connaissance d'un continent ayant aussi subi les affres de la colonisation, des interventions militaires et des dictatures. Mostefa Lacheraf, dans sa préface à "Images d'Amérique" (Editions Enap, 1992), rapellera "l'histoire de l'Amérique spoliée, usurpée aux Indiens et durement travaillée par eux, par les Noirs, les Chinois, et parfois de petits prolétaires et sous-prolétaires blancs asservis".
"Tu n'iras plus à Tiout... et autres
récits" demeure sa dernière oeuvre, oeuvre voulue comme un témoignage sur les moments cruciaux traversés par l'Algérie, "son pays par choix et par attachement", le thème de l'exil récurrent dans les ouvrages présentés - et même pour le roman en préparation - donne
finalement l'idée, la croyance, la certitude ou tout simplement l'affirmation qu'elle demeure
"une habitante du monde". Elle
a "fini" par admettre, sous la pression des questions et interrogations, qu'elle était "un
élément étranger partout où je vais". Elle a décidé, depuis quelque temps, de répondre à l'inévitable question "vous venez d'où?", posée par les
Algériens qui ne la connaissent pas et qui l'abordent dans les lieux publics : "Je viens d'Hydra". Elle ne manquera pas de préciser encore que "le long
et difficile processus d'intégration à travers la langue, la religion, les traditions, le partage du vécu quotidien amène à leur acquisition, à devenir plus Algérien que certains autres".
Adriana Lassel, parfaitement intégrée à l'espace algérien, regrette que "l'organisation éditoriale d'avant a fait que nous ne soyons pas diffusés; nos livres sont restés en stock dans les librairies." Pour le public de Blida, la découverte d'une culture autre, d'une écrivaine qui se veut Algérienne est en soit un acquis qui laisse espérer, à la rentrée, la poursuite de telles rencontres.
par A. Mekfouldji

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