Librairie Mauguin
 

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El Watan du Dimanche 25 Janvier 2004

Blida - Causeries littéraires
Habib Ayyoub ou l'errance dans le désert

L'auteur du "Gardien", de "C'était la guerre" et du "Palestinien" se révèle prolifique avec une parution chaque année et le premier prix de la Fondation Mohammed Dib - du nom de l'auteur décédé au mois de mai 2003. Le jury composé d'universitaires reconnus tels Paul Siblot, Nadjet Khadda a visé juste avec ce poulain découvert le plus simplement du monde par la jeune maison d' édition Barzakh.

Renouveau
Ce vent porteur de renouveau promet, pour peu qu'un lectorat s'installe à travers les causeries, l'information, la formation des enseignants à la chose littéraire, les ateliers d'écriture et la sensibilisation des divers responsables, à commencer par les directeurs de collège et les proviseurs de lycée puis les gérants de bibliothèques municipales, d'instituts ou d'universités, afin de rapprocher le livre de son consommateur qu'est le citoyen. Créer le besoin passe inévitablement par ce circuit sans parler des émissions de radio et de télévision. L'éditeur de Habib Ayyoub, Sofiane Hadjadj, présent à la causerie, déclara que «le prix Mohammed Dib n'a pas eu d'incidence sur l'augmentation des ventes». Ce n'est pas la même culture des deux côtés de la Méditerranée, lorsqu'on sait que de l'autre côté un prix catapulte les ventes.
A qui la faute si l'élève, l'étudiant, le citoyen tout court ne lit plus ? La cherté du livre n'est pas une raison valable si le relais est convenablement repris par les bibliothèques.
Les étudiants et les enseignants formant la majorité de l'assistance présente à la librairie Mauguin ont découvert un auteur et un éditeur conscients de la difficile tâche et qui évitent cependant les recettes connues de ce qui peut faire un succès de librairie. Habib Ayyoub rame dans le désert comme cette métaphore qui qualifie le courage des éditeurs : «Ils ont ramé dans un marécage.»

par A. Mekfouldji

Lien vers le site du journal El-Watan : http://www.elwatan.com

Lien vers le site des Editions Barzakh : http://www.barzakh-dz.com

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El Watan du Jeudi 25 décembre 2003

Ce mystérieux prix Mohammed Dib

Le prix Mohammed Dib a été décerné le 16 Décembre dernier à Habib Ayyoub pour son recueil de nouvelles "C'était la guerre", édité aux Editions Barzakh. La dimension présidentielle qui a été imprimée à cette distinction en a troublé plus d'un. A commencer par les bénéficiaires du prix. Quel sens lui donner, alors qu'un éditeur se demande encore "comment donner sens à un auteur" ?
Habib Ayyoub était, mardi dernier, entre Selma Hellal et Sofiane Hadjadj, le duo à la direction de la maison d'édition Barzakh. Dans une maison où Ayyoub dit se sentir "un peu à l'abri". A son aise, bien calé dans sa chaise, les anecdotes pour rire, cet auteur qui dit porter "les gènes d'un iguanodon", s'amuse encore de sa distinction. L'irrévérence consacrée par un président de la République.

"Grande Maison" d'édition
L'auteur ne se prend pas trop au sérieux, écrit d'abord pour se faire plaisir, même si à propos de sa distinction il livrait à chaud, après un discours présidentiel dont il n'a "pas l'habitude", que pour lui "Dib est un repère... le capitaine d'une grande nef, et ce prix me permet d'être accepté comme matelot dans ce grand navire conduit par cet homme qu'est Dib, et c'est très flatteur. Je vais essayer d'être digne de lui en suscitant d'autres vocations." Si la valeur pécuniaire dont a été doté le prix Mohammed Dib est fort intéressante pour l'auteur, l'éditeur se pose encore des questions. Sofiane Hadjadj reconnaît que "les éditeurs ne peuvent pas continuer à travailler s'il n'existe pas de prix comme ceux-là", mais ne peut discerner les répercussions de cette distinction.
Car, enfin et en termes pragmatiques, "nous allons juste coller la mention prix Mohammed Dib sur les exemplaires qui nous restent en stock. Il en reste beaucoup", indique, laconique, Selma Hallal. L'éditeur souhaiterait que ce prix devienne une "instance de légitimation", comme il en existe des centaines dans les pays qui offrent au livre une place pour vivre.
La prochaine édition du prix Mohammed Dib sera pour l'année 2005. La session sera ouverte au cours du mois de février prochain, indique Saliha Benmansour, présidente de la Fondation Mohammed Dib. Le conseil du prix constitué des membres de la fondation, de l'université de Tlemcen, du président de l'APW et celui de l'APC, des directeurs de la culture et de l'éducation, a réceptionné 19 recueils. Le jury présidé par Mme Nadjet Khadda, composé d'écrivains et critiques algériens, établis en France, ou étrangers proches ou intéressés par l'optique littéraire de Dib, a choisi dans une dernière délibération entre 3 nominés où figuraient également Yanis Koussim et Abderrahmane Zakkad. "Un jury par engagement", observe la présidente de la fondation. "Qu'il y ait eu cette reconnaissance, c'est quelque chose d'essentiel", a-t-elle estimé, en ajoutant qu'"il serait intéressant d'en faire un prix national". Hier, le standard du ministère de la Culture sonnait dans le vide.

Par Aziz Yemloul

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L'Expression du Jeudi 25 décembre 2003

"J'écris pour me faire plaisir ainsi qu'aux autres"

Surpris et heureux par cette distinction, Barzakh nous invitait à discuter de la légitimité de ce prix. C'est autour de café et de gâteaux que l'écrivain Habib Ayyoub, lauréat du premier prix littéraire Mohammed Dib, décerné par le président de la République lors de l'ouverture du colloque "Dib et l'Algérie" à Tlemcen, nous a accueillis lors d'une conférence de presse plutôt amicale et chaleureuse animée mardi en présence de ses deux "complices", Selma Hellal et Sofiane Hadjadj au siège de leur maison d'édition.
Surpris et heureux par cette distinction qui couronne quelque part les efforts et la qualité de travail incontestables des éditeurs, Barzakh nous invitait à discuter de la légitimité d'un tel prix, de sa médiatisation, des répercussions éventuelles et du sens de l'oeuvre de Habib Ayyoub qu'ils accompagnent depuis maintenant trois ans.
Evoquant d'abord le choix des deux écrivains proposés à ce concours littéraire par les éditeurs, à savoir Habib Ayyoub et Ali Malek, Selma Hellal dira que "ce sont les deux auteurs qui incarnent l'esprit de notre maison d'édition, qu'on a été chercher, qu'on a extirpé de l'anonymat, sur qui on a parié et qui s'inscrivent dans une démarche d'écrivain dans l'avenir et qui ont du souffle...".
Très content à l'annonce de cette nouvelle heureuse, Sofiane Hadjadj se posera tout de même des questions quant aux "instances de légitimation" d'un tel prix en Algérie, à fortiori un pays qui a perdu cette tradition de lecture, comparé à la France par exemple. "Pourquoi n'a-t-il pas eu l'écho escompté?", se demande-t-il. Puis, dira-t-il, "il est suspecté à cause du cérémonial qui l'a entouré à savoir la remise du prix par le Président. Ceci a pu le desservir d'où le regard sceptique des gens sur ce prix". Quoi qu'il en soit, ce genre de prix est toujours important, et pour l'écrivain et pour le lectorat. Pour l'un, parce que cela va stimuler sa fibre émulatoire, et l'autre, parce que cela va le pousser à acquérir "le livre" croit-on, par excellence.
Enfin, donnant la parole au premier concerné, lauréat avec un recueil de nouvelles "C'était la guerre", Habib Ayyoub après les remerciements d'usage à ses éditeurs, évoquera dans une verve qui lui est propre, son amour pour l'écriture et ses envies, comme adapter le roman "Le Gardien" au cinéma par exemple. Mais cela coûte énormément cher. Même la somme attribuée à notre auteur (100 millions de centimes) ne suffirait pas pour concrétiser tout le rêve que procure le livre.
Et puis, que reste-t-il comme salles en Algérie? Une dizaine, tout au plus. "C'est une espèce d'antropie", résume Habib Ayyoub. Natif et résidant à Dellys, Ayyoub (56 ans) a fait des études de cinéma, télévision et radio à l'Insas de Bruxelles. Rentré en Algérie, il est assistant-réalisateur sur des longs métrages de fiction à l'Office national algérien du cinéma avant d'être licencié. Il se tournera vers l'écriture journalistique et littéraire. Cependant, "j'ai toujours écrit", confie-t-il et de préciser "j'écris de manière visuelle". L'impact de l'image, l'on comprend, reste omniprésente. "J'écris mes bêtises depuis longtemps, mais je n'ai pas l'urgence de me faire publier. En écrivant, je me fais plaisir ainsi qu'aux autres. Mon objectif est d'être un conteur d'histoire". Et puis l'artiste de lâcher : "Il ne faut pas se prendre au sérieux".
Habib Ayyoub publie également chez Barzakh "Le Gardien", récit (2001) et "Le Palestinien", roman (2003). Au théâtre : "le Diable m'en est témoin", mise en scène Olivier Py, Limoges, Orléans 2003 et une pièce radiophonique pour France-Culture, mai 2003.

par O. Hind

Lien vers le site du journal L'Expression : http://www.lexpressiondz.com

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Le Quotidien d'Oran du Samedi 20 décembre 2003

"Ce prix me permet d'être accepté dans la nef de Dib"

C'est à M. Habib Ayyoub qu'est revenu le premier prix littéraire Mohammed Dib décerné par le Président de la République lors de l'ouverture du colloque "Dib et l'Algérie".
Dans un entretien, en marge du colloque, M. Habib Ayyoub, lauréat avec un recueil de nouvelles "C'était la guerre", nous résumera son œuvre par la première nouvelle de son œuvre "Chasse à l'iguanodon". "Toute l'œuvre est une métaphore à propos d'un animal qui resurgit à l'époque moderne et qui fait des ravages dans la population. 70 pages traitées dans un style déjanté. Même les puissances étrangères s'en mêlent et refusent que cet échantillon d'espèce disparue soit totalement éliminé".
Concernant ses impressions sur le 1er prix littéraire, M. Habib Ayyoub nous dira: "C'est d'autant plus intéressant, plus valorisant à Tlemcen. Il n'y a pas eu de combine, pas d'arrangement, le jury était composé de spécialistes de l'écriture d'Allemagne et de France, présidé par Nadjet Khadda. Pour moi, Dib est un repère, c'est le capitaine d'une grande nef et ce prix me permet d'être accepté comme matelot dans ce grand navire conduit par cet homme qu'est Dib et c'est très flatteur. Je vais essayer d'être digne de lui en suscitant d'autres vocations".
M. Ayyoub, âgé de 56 ans, est l'aîné d'une famille maraboutique de Dellys, élevé comme un prince sans argent. Il est auteur de 2 romans: "Le gardien" (vanité du pouvoir absolu et des choses humaines), "Le Palestinien", d'une pièce de théâtre, "Le diable m'en est témoin", passée sur France-Culture, ainsi que de plusieurs autres articles dans le journalisme (Liberté Economie), le cinéma et les études sociologiques.
"Le vent dans le musée" est le deuxième recueil de nouvelles nominé lors du prix littéraire M. Dib. L'auteur, M. Abderrahmane Zakkad, nous en parle comme de "la présentation de scènes locales contemporaines dans la société que nous vivons". M. Zakkad, ingénieur de formation, se consacre à l'étude et à l'analyse de la transformation de la société.
"Mes prochains livres paraîtront aux éditions Marsa: "Les jeux de l'amour", un roman qui traite des conditions des jeunes dans leurs rapports idylliques, "Le terroriste", un autre roman qui traite des conditions psychologiques d'un jeune qui verse dans le terrorisme. Pour la littérature et pour le public en général, il est quand même important que cette rencontre ait pu avoir lieu et qu'un prix puisse être institué qui, j'espère, ouvrira de nouveaux horizons pour d'autres prix dans tous les domaines de la culture (théâtre, cinéma...). Le colloque permettra aussi de dynamiser l'acte d'écrire et encouragera les jeunes écrivains qui restent dans l'anonymat pour les faire accéder à l'édition".

par Belbachir Djelloul

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"El Khabar " du Jeudi 25 Décembre 2003

Le prix Mohammed Dib attribué à Habib Ayyoub

Selma Hellal, responsable des éditions Barzakh, a déploré le manque d'écho médiatique donné à l'attribution du prix littéraire Mohammed Dib à l'écrivain Habib Ayyoub. L'événement aurait dû être couvert par les médias, comme cela se fait dans les pays aux traditions littéraires.
Selma Hellal a fait l'éloge du romancier lauréat dont les oeuvres ont été éditées par les éditions Barzakh. L'auteur a remporté avec grand mérite le prix, devant le célèbre écrivain Abderrahmane Zakkad. Elle a ajouté que le décernement du prix par une instance officielle n'entache en rien la valeur de cet écrivain doté d'une capacité de critique considérable, comme en témoignent ses trois œuvres littéraires.
Pour remédier au silence des média, Selma Hellal - durant sa rencontre avec la presse avant-hier, au siège des éditions Barzakh - a tenté de médiatiser cet événement organisé par la Fondation Mohammed Dib et qui a vu le décernement du prix à Tlemcen, sans aucun écho susceptible de donner au couronnement de l'auteur toute l'importance qu'il requiert. La presse s'était ainsi limitée à quelques phrases pour annoncer l'événement, sans rappeler la position de Habib Ayyoub sur le plan littéraire, ni même les œuvres qu'il a écrites.
Elle a ajouté que la politique n'affecte pas la valeur du travail littéraire de Habib Ayyoub qui demeure, selon elle, un écrivain rendant compte du drame de la société algérienne. Pour sa part, Sofiane Hadjadj, son alter-ego aux éditions Barzakh, a dit qu'aujourd'hui, le milieu littéraire algérien est en quête de récompenses littéraires telles que le prix français du "Goncourt" qui a une valeur financière substantielle et contribue à faire connaître les écrivains. Sans une telle perspective, le travail littéraire restera méconnu et inaccessible aux lecteurs.
Habib Ayyoub a publié trois œuvres aux éditions Barzakh : "Le Gardien" en 2001, un recueil de nouvelles intitulé "C'était la guerre" en 2002, ainsi qu'un roman : "Le Palestinien", paru cette année. L'auteur a obtenu le prix Mohammed Dib pour son recueil de nouvelles "C'était la guerre".

par Hamid Abdelkader

Lien vers le site du journal El Khabar : http://www.elkhabar.com

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