Librairie Mauguin
 

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8ème Salon International du Livre d'Alger, du 18 au 28 Septembre 2003

8ème SILA - La parenthèse édition nationale
Liberté - Dimanche 21 Septembre 2003

Cette édition sera marquée par l'absence des éditeurs algériens qui ont suivi le mot d'ordre du SNEL. Casbah Editions, Chihab, Barzakh... figurent aux abonnés absents. Les jeunes auteurs qui ont signé leurs ouvrages chez les éditeurs boycotteurs ont dû se rabattre sur la Librairie Mauguin, pour les ventes-dédicaces.

Le 8ème Salon international du livre d'Alger a ouvert ses portes au public, jeudi dernier, au Palais des expositions (Pins maritimes). Les quelque 450 éditeurs participants ont été répartis sur quatre pavillons. L'espace de l'exposition, cette année, est aménagé selon une logique de "clivage" : trois pavillons sont exclusivement réservés au produit éditorial d'expression arabe et un aux ouvrages d'expression française. Au pavillon central, baptisé "La grande maison" en hommage à Mohammed Dib, on retrouve, pour l'essentiel, l'édition moyen-orientale et quelques éditeurs nationaux: Dar El Gharb, l'Association El lkhtilef, l'ANEP, organisatrice aux côtés du Syndicat des professionnels du livre (SPL) et l'Association des libraires algériens (Aslia).
L'édition européenne et le plus gros de l'édition nationale sont concentrés dans le pavillon G "Le métier à tisser". Celui-ci comporte deux niveaux. C'est en bas, au fond de la grande salle que s'ouvre en fait la parenthèse édition nationale. La librairie Mauguin a offert une tribune aux auteurs algériens pour signer leurs ouvrages sortis chez les éditeurs qui ont suivi le mot d'ordre du Syndicat national des éditeurs de livres (SNEL).
L'appel au boycott lancé par son président Smaïl Ameziane (responsable des éditions Casbah) - suite au différend avec le PDG de l'ANEP, Abdelkader Khemri, au sujet du partage du reliquat dégagé par le 7ème Salon - privera ce salon des éditeurs les plus en vue. Casbah, Chihab, Barzakh, Marsa... figurent aux abonnés absents.

Mauguin, l'issue de secours
La librairie Mauguin, dirigée par Chantal Lefèvre, implantée à Blida, est, pour l'instant, la seule à inviter les jeunes auteurs pour des séances de dédicaces. La seule à leur offrir une porte de sortie.
Chez les éditions Daliman, "nous respectons la position des éditeurs. Mais nous trouvons cela dommage que dans un salon censé regrouper toute la corporation et être d'envergure professionnelle et internationale, ils ne participent pas". "Nous ne sommes pas syndiqués. Nous n'éprouvons pas le besoin d'être chapeautés" lance-t-elle. Pour la représentante de cette jeune boîte (qui a publié le recueil de chroniques du défunt journaliste Saïd Mekbel "Ce voleur qui...") les débats devraient plutôt se situer autour de "la politique du livre".
Quelques stands plus loin, Le Jeune Lecteur semble plongé dans des préoccupations beaucoup plus "oniriques". Cette association éditrice venue d'Oran, s'occupe de la promotion de la lecture pour enfants. Son champ d'activité s'étend des "écoles, aux associations de parents d'élèves, en passant par les associations de quartier et les établissements spécialisés", selon sa présidente, Zoubida Kouti.
Le Jeune Lecteur a bénéficié de l'apport du programme d'appui aux associations de l'Union européenne pour monter un projet de bibliothèque de jeunesse à Oran. Urbaniste de formation, Mme Kouti a atterri dans le monde du livre "par amour". Elle méne aujourd'hui un combat de tous les jours pour le transmettre aux enfants. C'est difficile, avoue-t-elle. "Les librairies à Oran (comme ailleurs) se comptent sur les doigts d'une main". "Comment peut-on alors reprocher à un gosse de ne pas lire alors que le livre n'est même pas disponible ?!" s'interroge-t-elle.
Plus loin, Yacine Ketfi porte ses interrogations en bandoulière. Photographe professionnel, il a suivi son cursus à Paris et Bruxelles. Son livre d'art sorti à Label image, offre un large éventail de ses travaux. Ces sublimes clichés l'ont mené aux confins du Grand Sud. Les textes sont signés Salvatore Lombardo. Cette mémorable photographie du Targui, yeux bleu azur, aux contours creusés, placardés partout sur les calendriers, c'est lui. "Celle-là a eu beaucoup de succés", se souvient-il. Idem pour "Éternelle Algérie, outremer", qui a: enregistré les meilleures ventes 2003 à la Fnac, section Beaux-livres. Son prochain ouvrage, "Algérie(s)", actuellement en chantier, sortira en quatre langues (arabe, français, anglais, allemand) annonce-t-il. Il comportera quatre chapitres portant sur l'artisanat et les sites classés patrimoine mondial par l'Unesco.

par Djamel Belayachi

Lien vers le site du quotidien Liberté : http://www.liberte-algerie.com/

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8ème SILA - Sans les nouvelles créations mondiales
Le Matin- Jeudi 25 Septembre 2003

Ce n'est certainement pas la 8ème édition du Salon international du livre d'Alger qui vous renseignera sur les crus 2003 de la littérature, malgré les 249 stands étalés sur 5.357 m2, occupés par 450 éditeurs algériens et étrangers. Une semaine après l'inauguration présidentielle de cet événement, le public continue à affluer, et c'est là une des satisfactions de ce salon, en dépit aussi des prix affichés et de la rareté de nouveaux titres. Une maison d'édition aussi prestigieuse que Flammarion propose à 300 DA des livres de la collection... J'ai lu. De même que Folio et Hachette qui proposent aux lecteurs algériens de (re)découvrir les aventures de... James Bond et les célèbres romans de Pearl Buck (1892-1973) évoquant la Chine des années 1920.
Le Bureau international de l'édition française ne fait pas mieux. En déboursant entre 300 et 500 DA, vous pourrez (re)lire les classiques de Victor Hugo, Gustave Flaubert, Guillaume Apollinaire... Ces maisons d'édition françaises, venant d'un pays qui produit plus de 400 nouveaux romans à chaque rentrée littéraire, pouvaient sans-grand effort ramener dans leurs bagages ne serait-ce qu'une partie de ces nouveautés. Le public, beaucoup plus nombreux que lors de l'édition précédente à en croire certains exposants, aurait sans nul doute apprécié.
Cependant, certaines nouvelles créations restent à découvrir. A l'image du romancier et poète Rachid Boudjedra qui tente l'écriture dramaturgique. Paru chez Denoël, "Mines de rien" (675 dinars) met en scène. Ali, un émigré marocain, Nadia un jeune médecin fuyant le terrorisme, et Jean; le lien essentiel entre ces deux personnages: un mineur qui fait le bilan de sa vie et de l'histoire de sa région.
"La Kabylie et les coutumes kabyles" de Hanoteau et Letourneux, paru cette année chez Bouchène (Alger) raconte en trois tomes l'histoire de cette région du pays et ses coutumes pour 5.620 DA. Chez ce même éditeur, une écrivaine algérienne mériterait d'être mieux connue en Algérie. "Le Café chantant" d'Elissa Rhaïs regroupe des nouvelles parues en 1919. Juive d'Algérie du début du XXème siècle, Elissa Rhaïs, native de Blida, évoque le quotidien de ses concitoyennes.
Imprimeur et également libraire, Mauguin présente "Les Grandes Figures de l'art musical algérien", en 2 tomes, d'Abdelkader Bendamèche. Cet ouvrage des éditions Cristal (1.000 DA les 2 volumes) est un recueil de portraits et des parcours de ceux et celles qui, depuis plus d'un siècle, ont marqué la musique algérienne citadine et rurale. Sur les étals de ce libraire blidéen, sont également exposés les titres des éditions Barzakh, Marsa et du Tell.
Le livre pour enfants est également représenté. Les éditions Mihoubi publient des contes du terroir, des livres de dessin et de coloriage, de la bande dessinée, des livres d'initiation à l'écologie. Tout cela à des prix très abordables qui varient de 45 à 80 DA.
Même en l'absence de réelles nouveautés internationales, il y a toujours de bonnes feuilles à découvrir.

par Samir Benmalek

Lien vers le site du quotidien Le Matin : http://www.lematin-dz.net/accueil/

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© Librairie Mauguin - Décembre 2003